La Gazette des 9, le journal de Rosheim et du Piémont des Vosges

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Vis ma vie de costumée vénitienne : le grand spectacle.

Bien sûr il y eut des orages, 7 ans d'amour avec un public c'est l'amour fol.
Certains costumés ont pris leurs bagages, d'autres ont pris leur envol, mais chaque spectateur se souviendra de la féérie de ces instants magiques et oubliera les éclats de la vieille tempête de la précédente édition.
Car cette année, le Carnaval Vénitien de Rosheim, dont certains promettaient qu'il ne ressemblerait à rien, a retrouvé le goût de la conquête du public.

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©Anaïs Paz

Entre le Carnaval Vénitien et le public, une histoire ressemblant à celle de vieux amants est née il y 8 ans. Comme toutes les grandes aventures, certaines sont parfois un peu secouées par des orages, des petits moments de flottement mais au final, avec beaucoup de volonté, d'efforts, d'investissement et de générosité, l'histoire continue.

L'ASCRO, qui était seule maître à bord pour cette nouvelle édition, a su faire perdurer une manifestation dont la mort était à demi-mots annoncée.

Cette année, je me suis glissée dans la peau d'une costumée pour vivre cette belle aventure de l'intérieur et je peux vous dire que les contraintes et la fatigue, qui s'accumulent au fil des représentations, s'estompent rapidement quand on constate la joie du public de partager de tels instants.
Peu importe qu'une bonne moitié d'entre nous était novice en la matière, la volonté d'offrir le meilleur de nous-mêmes fut au rendez-vous et finalement, le public a su apprécier la fête en se rendant à peine compte de ce détail.
Si nous étions moins nombreux que les années précédentes, il n'en reste pas moins que la manifestation s'est déroulée dans des conditions à échelle humaine, et ce n'était pas pour nous déplaire. Car quand on est costumé, il faut accepter la promiscuité entre "collègues" durant la préparation aux déambulations et aux spectacles.
Une promiscuité qui créé des liens, où l'on partage maquillage, miroirs et conseils, une promiscuité qui rapproche tous ceux qui s'embarquent dans le même navire du spectacle de rue.
J'ai rencontrés des anciens prêts à se mettre à la disposition des "nouveaux" que nous étions pour nous conseiller, nous guider, partager leurs propres expériences.
J'ai rencontré des gens comme moi, prêts à sauver une fête avec plein de bonne volonté et l'envie de donner le meilleur d'eux-mêmes. 
J'ai découvert que les mots soutien et encouragements n'étaient pas vains dans les moments de doute. Car oui, il existe des moments de doute quand on est costumé.
On doute de notre savoir-faire ou de notre gestuelle et on se demande parfois à quelle sauce le public va nous manger, et on se rassure comme on peut.
J'ai constaté à quel point il était difficile de respirer sous un masque qui vous colle au visage, combien nos pieds sont mis à rude épreuve lorsque l'on parade dans les rues de 14 heures à presque 21 heures, combien notre dos est sollicité à force de prendre des poses pour les photographes.
Et même si la météo était assez clémente cette année, j'ai découvert qu'il fallait bien du courage pour rester quasiment immobile pendants des heures avec des costumes pas très épais.

Le public ne se rend pas forcément compte de tout cela, il ne comprend pas toujours les contraintes et les conditions des représentations de costumés.
Moi-même, je n'avais pas conscience de cela avant cette première expérience.
En conclusion, le Carnaval Vénitien, lorsqu'on est costumé, fait partie des belles aventures humaines où l'on garde en mémoire les fous rires en coulisse, les belles rencontres entre personnes, les échanges avec les photographes et le public.

La fête était belle et bien réussie, grâce aux efforts de la ville, de l'ASCRO présidée par Christophe Ichtertz, des 140 bénévoles, des costumés, des indispensables Casanovas qui les soutiennent et les aident, de Christian Jasko qui, pendant ces deux jours, a animé au micro cette manifestation, des photographes amateurs et du Photo-Club de Rosheim qui capturent ces instants magiques.

Cette année, une moitié des costumés s'est présentée dans des tenues confectionnées par leur soin (et quel formidable travail !) et l'autre moitié portait des costumes mis à disposition par des costumières.
J'adresse une mention spéciale à Rita et son équipe de couturières, de l'Atelier de la Colombe à Strasbourg, qui créé de véritables chefs-d'oeuvre.
Je vous parlerai d'elle très bientôt dans un prochain article.
Je ne vous parlerai pas de chiffres car je crois que lorsqu'on est costumé, peu importe que l'on fasse rêver 1000 personnes ou 10 000, l'essentiel est de faire rêver tout court.

Je conclus cet article par ces mots : Finalement, finalement, il nous fallut bien du talent pour vous séduire.

Merci à vous, notre public !

Galerie photos :


Les photos sont réalisées par une toute jeune apprentie photographe de 13 ans, Anaïs Paz. Merci à elle pour son travail tout au long du week-end !


Laetitia Paz-Pelletier

 

 

 



07/03/2016
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