La Gazette des 9, le journal de Rosheim et du Piémont des Vosges

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Poupy et le mystère de Pâques. Fin de l'histoire.

Alerté par les cris de Poupy, Balthazar arriva au galop et avec ses deux pattes avant, défonça la porte de la remise pour la délivrer.
Giros, qui savait qu’il ne pouvait pas faire face aux attaques de coups de sabots de Balthazar, se sauva en courant aussi vite qu’il le put.
Léonard, qui observait la scène caché derrière la petite allée de cyprès, n’avait pas entendu l’albatros arriver derrière lui.
Il lui donna un énorme coup de bec dans le derrière. Le coup fut si fort que Léonard se mit à voler pour terminer sa chute dans la mare. Il tenta tant bien que mal de nager jusqu’à la rive.
Pendant ce temps, Poupy, verte de rage, avait saisi une fourche qui était posée sur le mur de la remise.
Elle se mit à la poursuite de Giros en criant :

- Giros, j’en ai pas fini avec toi ! Tu vas voir ce que tu vas prendre ! On verra si tu fais encore le malin quand tu auras goûté à mes coups de fourche ! Mémé m’a appris à me défendre contre les coqs comme toi ! Attends que je te tombe dessus et tu verras comme je sais me défendre !

Des aboiements de chien commençaient à se faire entendre aux abords du domaine. Sepp  arrivait, accompagné par Tyson, le gros dogue allemand du facteur.
Il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour retrouver la trace de Poupy.

- Oh Sepp, tu es enfin arrivé ! Oh ! Et Tyson est avec toi ! Vous allez pouvoir m’aider, il faut absolument retrouver Léonard ! Il est près de la mare, attrapez-le ! De mon côté, je vais chercher l’endroit où il a caché les poules !

- Oui Poupy, on a fait aussi vite qu’on pouvait, je n’allais pas te laisser tomber après ce que tu as fait pour moi ! On va le trouver, tu peux nous faire confiance, répondit Sepp.

- Oui ! On va le retrouver et je vais lui aplatir son museau ! aboya Tyson.

Pendant que les deux chiens se dirigeaient vers la mare, toutes les hirondelles et les mésanges étaient venues rejoindre Poupy. Elles survolaient la propriété à la recherche d’indices.
Sepp et Tyson avaient réussi à s’emparer de Léonard. Tyson le regardait en montrant les crocs et en grognant aussi fort que le tonnerre, pendant que Sepp tournait autour de lui pour empêcher qu’il ne prenne la fuite. Léonard ne pouvait plus partir désormais.
L’albatros, quant à lui, avait repéré une plume au sol.
D’un battement d’aile il piqua du bec pour tenter de l’identifier. C’était bien celle d’une poule !
Il vola à toute vitesse dans la direction de Poupy pour la prévenir. Arrivée sur les lieux, elle saisit la petite plume brune et s’écria :

- Elles sont bien là, je suis sûre qu’elles ne sont pas loin, il faut absolument les délivrer !

Charles était enfin arrivé. Il stoppa net son tracteur à l’entrée du domaine et courut prévenir le Comte de ce qui ce produisait dans sa propriété. Les deux hommes allèrent rejoindre Poupy.

- Qu’est-ce-qui se passe ici jeune fille ? Charles vient de m’informer de cette histoire de poules et de renard ? demanda le Comte à Poupy.

- Bonjour monsieur le Comte, si vous avez deux minutes je vais vous raconter toute l’histoire, vous pourrez peut-être m’aider !

Poupy s’installa sur une pierre et expliqua à monsieur le Comte tout ce qui l’avait menée jusqu’au domaine.

- Je vais chercher mon fusil ! On pourrait en avoir besoin je crois bien.

Après de longues minutes de recherches, un caquètement sourd se fit entendre. Poupy, méfiante, demanda aux oiseaux de survoler le domaine une fois encore en ouvrant grand leurs oreilles. Elle commençait à fatiguer, la journée avait été rude.
Elle pensa : « Mais c’est pas vrai, qu’est-ce qui faut pas faire pour avoir du chocolat ! ».

- Poupy !!! Je crois qu’elles sont par là ! becqueta une cigogne en montrant du bout de son aile la petite fermette du jardinier de monsieur le Comte.

- Tu es sûre que ce n’est pas Giros qui me joue encore une fois un mauvais tour ?

- Je ne crois pas non ! Il semble qu’il y ait différents sons !

- Je vais voir dans ce cas ! Espérons que le poulet rôti soit loin sinon, à la marmite !

- Ne t’inquiète pas Poupy, nous allons toutes lui régler son compte.

Poupy poussa la porte de la ferme et pénétra dans une vieille grange. Le Comte et le vieux Charles arrivèrent juste derrière elle et il ne leur fallut que très peu de temps pour trouver les poules de Pâques.

- Elles sont là ! Comme je suis contente de vous retrouver ! s’écria Poupy.

- Oh Poupy ! Dieu merci tu es venue nous délivrer ! Sans toi je ne sais pas quel sort nous réservait ce renard. Nous avons vraiment eu très très peur.

- Moi je me demande comment j’aurais eu du chocolat à Pâques sans vous. Je suis heureuse que vous soyez saines et sauves. C’est le lapin qui va être content, et quand je vais raconter ça à Sam, il ne me croira pas ! C’est sûr !

Le Comte était dans tous ses états : « Mon Dieu, comment tout cela a-t-il pu se produire sous mes yeux sans que je ne m’aperçoive de rien, c’est terrible ».

- Peut-être que vos yeux sont trop fatigués et que vous êtes un peu sourd ? demanda Poupy.

Le Comte lui répondit par un sourire. Charles commençait à rassembler les poules pour les mettre en sécurité dans la remorque de son tracteur.
Il fallait encore trouver Giros et empêcher Léonard de nuire.

Tyson était un molosse à qui on ne la faisait pas. Léonard n’avait d’ailleurs tenté aucune échappée.
Les cigognes avaient eu une idée.
En passant par le jardin du Comte, elles avaient trouvé une grande nappe sur la table du déjeuner.
Après avoir prévenu Sepp de leur plan, Léonard fut repoussé vers la nappe qui se referma sur lui en un énorme sac.
Léonard était enfin prisonnier.
Tyson expliqua que son maître le facteur avait parlé d’un chargement qui partait par bateau le lendemain matin depuis le fleuve.

- Allez le jeter dedans. Là où il ira, il ne sera plus un danger pour personne, croyez-moi ! dit-il aux cigognes qui s’exécutèrent.

Le calme et le soulagement revenaient enfin au domaine. Il ne restait plus qu’à trouver Giros.
Avait-il fui ? Était-il là, près d’eux ? Personne ne savait où il se cachait.
Balthazar était retourné dans la prairie pour prévenir le lapin de Pâques de la bonne nouvelle.
Il était si heureux qu’il n’arrêtait plus de courir partout pour prévenir les autres avec une joie non dissimulée.

Poupy avait réuni tous les oiseaux pour les remercier de leur précieuse aide.

- Sans vous les poules ne seraient plus jamais rentrées chez elles et n’auraient plus jamais pondu d’œufs de Pâques, vous imaginez tous ces enfants privés de chocolat ? On a frôlé la catastrophe ! Merci pour votre aide les amis, j’espère qu’on se reverra très vite !

- Tu pourras toujours compter sur nous Poupy, répondit l’albatros, et tu sais que tu m’impressionnes ? Je trouve que tu es une petite fille très courageuse !

Tous les autres oiseaux acquiescèrent en battant des ailes. Monsieur le Comte promit à Poupy de faire tout ce qui était en son pouvoir pour retrouver Giros et  qu’il ne quitte plus jamais le sommet de la tourelle, quitte à le couler dans du plomb. Elle le remercia chaleureusement avant de sauter à bord du tracteur de Charles pour ramener les poules de Pâques chez elle.

Arrivées dans la prairie, les poules regagnèrent leur poulailler en promettant à Poupy de lui livrer les plus gros œufs en chocolat qu’elle ait vus.

- Alors ça ! J’ai hâte de voir ça ! Miam !! J’en ai le chocolat à la bouche !

Il était temps pour Poupy de dire au revoir à Balthazar.

- Tu es le plus beau petit cheval blanc que j’ai jamais rencontré Balthazar, et le plus courageux aussi. Je n’ai vraiment pas envie de te quitter mais je vais me faire disputer si je ne rentre pas à la maison. Tu ne m’oublieras pas, dis ?

- Poupy, comment veux-tu que j’oublie celle qui m’a donné un nom ? Et puis maintenant que tu sais écrire, tu n’auras plus qu’à écrire « Balthazar » sur le mur et nous nous retrouverons, sois rassurée. File avant de te faire disputer ! Je n’aime pas les adieux.

- J’y vais, dit-elle en lui caressant le flanc, je penserai à toi tous les jours mon Balthazar…

Poupy enjamba le mur en saluant les animaux de la prairie venus lui dire au-revoir et le mur se referma comme il s’était ouvert.

Léonard fut jeté dans un énorme container qui portait la mention « ALASKA » et quelques jours plus tard, un coq tout argenté avait pris place au sommet de la tourelle du domaine de Léonard.

Tout rentrait dans l’ordre et Pâques allait enfin arriver avec ses délicieuses surprises en chocolat pour les petits, et les plus grands…

©Laetitia Paz-Pelletier



31/03/2016
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